Burn out : fin ou début de cycle?

burn out

Récit- témoignage de mon  épuisement professionnel survenu en 2002 sous forme de Troubles Musculo Squelettiques aigus. Je travaillai  alors dans la  formation professionnelle  pour une  grande entreprise de Transport, peu au fait à l’époque du  lien entre santé physique et charge mentale. Les connaissances sur les Risques Psychosociaux en France n’en étaient qu’à leur balbutiements…

 

« Depuis quelques mois, l’extérieur m’est devenu difficile. Est ce à voir avec les énormes efforts que je déploie pour faire semblant ?

Semblant de prendre ma voiture, d’avancer dans les embouteillages pour me convaincre que je crois encore à ce que je fais et dis dans mon métier de bonimenteur-formateur…

Dans cette entreprise où les jeunes sont désabusés, il me semble que je suis la seule à les écouter, les réconforter, et pour cela je fais mon grand show et ça marche, ils repartent plus légers et moi de plus en plus vide malgré un plaisir partagé. C’est beau les rencontres…

Pourtant je ne regrette pas cette énergie que je leur offre chaque fois avec sincérité, seulement voilà, le clown est fatigué. Au fond, à quoi ça sert cette mise en scène ? Qu’est ce que je fais encore là ? clown

Le boomerang que je me suis pris derrière la nuque récemment revient de loin! Avec une rare violence, il m’a arraché à mon quotidien. Si j’ai toujours su que ma déception serait à la hauteur de mon absence ce choix, je n’ai pas réussi à bifurquer à temps et j’en paie maintenant le prix…

Pas facile de s’échapper, tailler la route. On trouve des arrangements (atelier théâtre, chant, engagement syndical…), et puis donner la main à ses enfants, les embrasser le soir ça prend du temps...

Cette handicapante et perverse névralgie cervico-braciale qui me cloue  chez moi depuis bientôt deux mois m’offre douleur et temps libre…

Quelle aubaine ! Une triple hernie discale pour réfléchir le long du front de seine, aller chercher Armand à l’école pour partager la lumière de fin d’après midi et  faire une promenade  sur l’allée aux cygnes, écrire, et puis j’oubliai, emportée par mon élan dynamico-lyrique:

  • dormir pour moins souffrir,
  • pleurer,
  • bouffer des médicaments,
  • rapetisser,
  • mais aussi se laver de cette salade indigeste que je m’inflige depuis tant d’années…

Je remercie mes articulations d’avoir permis à mon foie encombré d’entreprendre ce jeûne salvateur, et même si je replonge, rien ne sera comme avant ! »

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 demarrage

 

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